Témoignages

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Catherine, 28 ans a écrit le 10 mai 2010 à 15 h 06 min:
Je n'avais jamais pensé à m'épiler avant que ma mère ne me fasse remarquer vers 14 ans que mon poil sous mes aisselles (la) dérangeait. Elle a voulu me raser/m'épiler, je n'ai pas voulu. Elle a dit qu'elle devait au moins me couper le poil par hygiène, je ne voulais pas mais je me suis soumise à sa coupe (elle ne voulait pas que l'on sorte ensemble de la maison sinon). Après ça me piquait, je me sentais mal dans ma peau et je voyais ma mère comme un bourreau. Pendant l'adolescence j'ai épilé mes aisselles pendant deux ans et j'ai rasé mon pubis et mes jambes deux fois lorsque j'avais 17 ans et une autre fois j'ai décoloré les poils de mes jambes en espérant qu'ils passeraient ainsi un peu plus inaperçus. Si je me suis rasée ou épilée, c'était uniquement pour faire cesser ce regard dégoûté de la part des autres sur moi. A 17 ans j'ai rencontré un garçon qui n'avait aucun problème avec ma pilosité, je n'ai donc pas senti de pression au sein de mon couple pour me raser. Pour le reste, je montrais mes poils le moins possible dans mes lieux d'étude et l'été, je subissais les commentaires et les regards en me sentant bien seule... A 19 ans j'ai rencontré un autre homme, plus âgé, qui lui non plus n'avait aucun problème avec ma pilosité car il n'avait connu pratiquement que des femmes naturelles. J'étais dans un milieu marginal où on ne me jugeait pas sur ma pilosité, ça me permettait de souffler un peu. A 22 ans, j'ai rencontré un autre homme qui vivait bien ma pilosité en privé mais ne l'assumait pas du tout en public. Ça a été un réel problème pour la suite de notre relation. Puis à 24 ans, j'ai rencontré l'homme qui allait devenir mon mari et bien qu'au début, il ait été surpris de ma pilosité même s'il était au courant que j'étais une femme naturelle, il l'apprécie aujourd'hui et ne voudrait pas me voir m'épiler simplement pour paraître "normale" aux yeux des autres. Pour être honnête, ne pas me conformer a la norme de l'épilation a été pour moi un parcours du combattant mais si j'avais définitivement cédé, je me serais sentie une autre femme et non pas celle que je suis réellement. Pour moi l'épilation, le maquillage, la mode, la norme en général ça ne m'a jamais évoqué autre chose qu'une perte d'authenticité et je n'ai eu qu'à penser ainsi pour déranger, pour être jugée agressante alors que la réalité sur moi est toute autre. Aujourd'hui je me vois comme une idéaliste qui voudrais que les apparences ne triomphent pas et que l'homme voie les différentes de chacun comme la richesse de ce monde.
Jenny, 23 ans a écrit le 10 mai 2010 à 15 h 06 min:
Ma première épilation remonte à mes 15 ans. Avec le recul, je trouve ça beaucoup trop tôt pour cultiver son apparence ! Et dire qu'aujourd'hui, les filles commence encore plus tôt ! Ceci à cause d'une forte pression sociale (je ne vois d'ailleurs pas d'autre raison pour commencer à s'épiler, je mets au défi toutes les filles de ce monde de me dire qu'il y a grand plaisir à le faire !) Pour ma part, je faisais ça uniquement par contrainte et par souci de plaire aux autres. Je ne me posais pas cette question jusqu'au moment où j'ai reçu une remarque humiliante de la part d'une camarade de classe (ah, là là ! Les filles entre elles, c'est juste une joie !). Depuis, mon corps m'est devenu laid et décidée à ne plus jamais revivre ça, je plongeais dans la spirale infernale de cette mutilation quotidienne.
Et puis voilà presque trois ans que je ne m'épile plus. Mon partenaire qui ne supporte pas le masochisme m'a vivement encouragé d'arrêter. Alors pourquoi continuer cette corvée si mes poils conviennent à mon homme ?
Je me suis en partie libérée de ces soucis d'épilation. C'est un gagne temps et un poids en moins au coin de la tête. Quel agréable retour à la simplicité ! Je dirais même que le processus d'acceptation de mon corps se met doucement en route, et ça c'est long et vraiment pas facile. C'est difficile parce que les pressions extérieures sont toujours là. Finalement, je ne suis pas plus à l'aise et en confiance vis-à-vis des autres. Pour l'instant je n'accepte ma pilosité qu'en milieu naturiste, où je trouve que le regard est plus tolérant à ce niveau-là, même si une grande majorité de naturistes ne partage pas mon choix ! Etrange...
Anna, 25 ans a écrit le 10 mai 2010 à 15 h 06 min:
Je garde mes poils depuis trois ans. Avec quelques épilations pour réduire la masse parce que tant d'années de rasage et d'épilation ont rendu un truc qui serait sûrement pas ça si j'avais laissé faire. J'essaie ce que j'appelle un "retour au sources" pour en venir à une pilosité qui me plaise et que je garde.
J'ai commencé à me raser quand javais 13-14 ans, peut-être même avant. Je faisais de la natation et c'était inconcevable pour le milieu dans lequel je vivais de garder ses poils. Personne autour de moi n'aurait eu l'idée de la faire et donc, pas moi, petit bout de femme qui cherchait de la reconnaissance dans les yeux des autres.
L'arrêt de l'épilation (puisque j'étais passée du rasoir à l'épilateur même pour les aisselles et le maillot) s'est fait progressivement entre le moment où la peau de mes aisselles est passée dans la machine et puis après parce que je n'avais pas le regard des même personnes, que je ne fréquentais plus la piscine, etc.
Aujourd'hui, je trouve joli et esthétique une aisselle naturellement poilue mais je n'assumerais pas mes poils devant tout le monde. Il y a des milieux où c'est plus facile que d'autres. Je trouve le corps beau et intime et je ne crois pas que ce soit une bonne idée de le divulguer à des personnes qui n'en auront aucun respect.
Ce qui a changé, c'est toute me personne. Pour moi ce n'est pas le fait d'assumer mes poils qui m'aide à être moi c'est d'être plus moi qui m'a aidé à garder mes poils.
M'accepter comme je suis profondément. Féminine et plus proche de sa nature et de la nature et je me sens plus sensuelle, plus en accord avec mon corps. Je n'en suis plus spectatrice tentant d'être spectaculaire. Je fais ce que je veux, ce que je sens.
Et puis j'ai une relation plus douce et sympa avec mon corps qu'avant je détestais, méprisais et connaissais très peu. J'accepte d'être une femme et je trouve même ça vraiment cool! PS : il est important de dire que ce retour aux sources fait chez moi partie d'une révolution interieure globale et que sans ça, je n'aurais pas fait ce que je veux faire de ma vie et j'aurais continué plus ou moins de me laisser déterminer par l'extérieur.
Charlotte / Jambe de Chien, 31 ans a écrit le 10 mai 2010 à 15 h 06 min:
Je ne me souviens pas avoir eu honte de mes poils. A peine m'ont-ils étonnée lorsqu'ils ont commencé à poindre vers l'âge de neuf ans. Un peu plus tard au collège, mes jambes et mes bras se sont recouverts d'un duvet un peu plus conséquent. Les bras et le pubis quant à eux s'ornaient d'une fourrure noirâtre que je considérais alors juste comme "quelque chose de nouveau, de différent".
Un jour, lors des vacances d'été, mon père s'est mis en tête (après délibération avec ma mère, sans doute) de me raser les aisselles dans la salle de bains. Les coups de rasoir me faisaient mal et je saignais. Je me suis alors sentie comme honteuse, humiliée.
Un peu plus tard, ma mère doubla de tissu en coton épais le bas d'un maillot de bain un peu trop transparent et qui laissait donc voir que je possédais des poils pubiens. Le tout sans explication aucune, comme d'habitude. Néanmoins, tout était là conçu pour que je considère mes poils comme des intrus.
Alors je pris l'habitude d'exécuter moi-même (forme de libération que de ne plus subir ça des autres !) ce rituel. Vite fait, au rasoir, un bref coup sur les jambes avec un peu de savon sous la douche. Pour les bras, c'était plus difficile car ces derniers étaient très creux et je me ratais souvent. Il m'est même arrivée de me couvrir de pansements (imaginez l'aise, de se coltiner pareille chose sous les aisselles) tant je saignais, et ceci des années durant !
Mais tout cela n'était pas encore suffisant pour mes premiers "petits copains". "Ah, ah... Tu as un peu de moustache quand même". Tu devrais t'épiler davantage", qu'ils me disaient, un peu dégoûtés. A croire que seuls les "poils de tête" étaient tolérés !
Période de sociabilisation oblige, je prenais note et m'exécutais mollement pour avoir la paix : après tout, qu'étaient ces quelques minutes de plus à prendre pour "se soigner" sous la douche ?
(Bien sûr avec le recul je me dis que j'aurais dû leur tenir tête, leur dire "Et toi, tu penses faire quoi de tes poils ? Tu les trouves mieux que les miens peut-être ?" mais à vrai dire je n'avais guère conscience de tout ce qui se tramait derrière cette injonction et de plus, les poils des autres ne me dérangeaient en rien, surtout lorsqu'ils étaient masculins...).
Puis je suis devenue féministe, ce qui m'a amenée entre autres à discuter avec d'autres personnes de cette question, ainsi j'ai décidé d'arrêter de me raser. Comme ça, juste pour voir.
Alors j'ai pris plaisir à faire la connaissance de mes poils, que je pensais d'une autre texture, d'une autre couleur. Poils de jambe, poils de ventre, poils de bras et du dessous... A l'extérieur c'était une autre histoire, je n'assume toujours pas vraiment tant certaines personnes se montrent parfois bornées et cruelles en dépit de la tolérance tant vantée ça et là ! J'ai d'ailleurs fait fuir bien des hommes à cause de mes poils aux aisselles (les plus voyants, et de loin) que je me contente aujourd'hui d'"épointer" pour éviter l'effet "pattes d'araignée".
Parfois j'ai l'impression qu'on me regarde comme une personne sale, négligée, ou plutôt étourdie ou un peu folle (puisque finalement rien de mon aspect ne peut laisser penser que je ne me lave pas ou que je ne prends pas soin de mon apparence). Parfois aussi, j'ai peur d'attirer les fétichistes de poils, ils doivent bien exister au même titre que ceux qui fantasment sur les femmes obèses et je trouve cela assez malsain. Je ne veux pas attirer ou repousser, je ne veux pas qu'on me dise que mes poils sont "jolis" ou pas. Je veux qu'on les laisse être là, c'est tout.
Aujourd'hui c'est quand je me retrouve toute seule face à une foule donnée que je n'assume pas, ou alors vis-à-vis de ma famille, tant j'ai peur que cette vision ne soit un motif de crise ou je ne sais quoi. Je me sens encore trop faible pour supporter tout ça, et pourtant, je sais bien qu'au fond de moi, je n'ai pas tort. Il y a actuellement un véritable problème de pilophobie, les poils sont de moins en moins tolérés, même chez les hommes, on dirait. Je suis triste d'apprendre que la génération qui suivit la mienne est encore bien plus emmerdée que moi avec les histoires de traque aux aisselles ou au pubis velu. Que dis-je, il n'en faut plus un seul au risque d'être mise au ban alors que "de mon temps" si j'ose dire, quelques poils apparents n'auraient je pense pas tant choqué que ça non plus".
Leyla, 23 ans a écrit le 10 mai 2010 à 15 h 06 min:
Je ne me suis jamais épilée, mais de temps à autre je me rasais, à vrai dire je ne savais pas trop pourquoi, c'est vrai, mes poils ne m'ont jamais dérangée. Je suis plutôt à l'abri des pressions étant donné qu'en général, je me moque pas mal de l'opinion bien-pensante et moralisatrice, mais bon, je le faisais quand même au moins pour savoir. Il y a deux ans déjà que j'ai arrêté, et mon Dieu, je ne me suis jamais sentie aussi bien dans ma peau. J'ai un fort sentiment de dignité et de fierté, depuis, je ne me prends plus la tête avec ces futilités qui gaspillent du temps et de l'argent, sans compter la repousse qui est très très désagréable (points rouges, irritations, et aspect esthétique affreux). Maintenant ma peau est en très bonne santé, elle s'hydrate de façon naturelle, grâce au système pileux justement, et pour l'avoir testé concrètement, des aisselles naturelles transpirent beaucoup moins, voire pratiquement pas, que des aisselles glabres. J'ai même arrêté le déodorant et la peau respire tellement mieux ! Et je ne sens pas mauvais pour autant (eh oui, la magie de l'eau et du savon). Et c'est aussi vrai qu'on est moins obsédée par les apparences quand on abandonne cet état d'esprit, on se sent tellement mieux, et libre surtout, du moins intérieurement. De toute façon, si ça peut rassurer celles qui ont peur de "ressembler à un homme", la pilosité féminine est très distincte de la pilosité masculine: les zones denses sont moins nombreuses (maximum les avant-bras, entre le genou et les chevilles, et bien sûr aisselles et pubis) et mêmes sur ces zones, les poils sont beaucoup moins longs et plus fins. Bref, soyons des femmes, des vraies, et non des créatures open-source qu'on modifie et modèle à volonté.