Le discours des intolérants

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25. Le discours des intolérants

le 1er mot qui me vient à l’esprit c’est « négligée » ou « souillon » voire meme « faignasse » quand on parle d’une femme qui ne s’épile pas … ou qui ne se rase pas enfin bon, le résultat est le meme …vous n’aimez pas prendre soin de vous ?
vous dites etre contre pour rester naturelle donc si on pousse le raisonnenemnt jusqu’au bout, vous ne vous lavez pas les dents car les brosses à dents ça n’existe pas dans la nature ?

Posté par une femme de 23 ans sur le forum de MIEL en 2007. Pour cette femme, ne pas s’épiler est une négligence, ce sont les fainéantes qui ne s’épilent pas, ce sont des souillons et surtout, elles ne prennent pas soin de leur corps ! Cet argument revient souvent alors que l’épilation est très douloureuse et garder ses poils ne pose aucun problème sanitaire, contrairement au fait de ne pas se laver les dents, ce qui relève de l’hygiène. Ce sont des propos totalement incohérents, confus, qui mélangent tout mais qui finalement, reviennent souvent dans la bouche des pilophobes.

Vu l’année dernière dans une piscine de l’Allier un groupe de touristes flamandes ou hollandaises d’une 50aine d’années les aisselles non épilées. J’ai pensé que ce n’était pas joli, pas soigné et sale et aussi que c’était un manque d’égard pour les autres.

Posté en 2007 par un homme de 60 ans sur le forum « épilation » du site doctissimo.fr

Cette petite phrase est un parfait résumé de la pilophobie ambiante. Tout y est : les gros jugements sur les poils (manque de soin, saleté, pas joli) mais surtout, que ces femmes manquaient d’égard envers les autres ! On croit rêver. Je lui ai répondu qu’on pourrait faire une loi pilophobe interdisant aux femmes d’arborer leur PF en public ou de leur demander de porter une étoile de couleur afin qu’on s’écarte de ces déviantes sales et négligées. Au lieu de faire profil bas, il a répondu que c’était son droit de ne pas aimer les poils ! Non seulement, il se permet d’insulter des femmes mais il assume totalement ses propos ! Si dans la phrase de notre pilophobe, on remplace « femmes aux aisselles non épilées » par « femmes noires » ou « femmes handicapées », on comprend mieux où est le problème. Il ne se rend même pas compte que ce discours est celui des intégristes musulmans face à une femme sans voile. C’est une forme de fascisme, un besoin qu’ont des hommes de vouloir contrôler absolument les femmes, leur corps, leurs actes, leurs pensées.
Il n’aime pas les poils (ce qui est son droit) mais à aucun moment, il ne s’interroge sur la motivation de ces femmes. Pourquoi devraient-elles s’épiler, elles n’en ont peut-être pas envie ? Mais ça semble dépasser complètement l’entendement de ce monsieur. Il n’aime pas les poils, il ne veut donc pas en voir !
C’est un peu ce que le pilophobe anglais disait à Shazia Mirza (voir le chapitre précédent).

Je me suis demandé s’il fallait donner de l’importance aux intolérants, aux pilophobes. Mais je pense que l’outrance et le mépris que quelques malheureux poils provoquent doivent être analysés. Ce n’est pas très éloigné du discours raciste contre les Italiens après la WW2, contre les Maghrébins dans les années 60, contre les homosexuels. Mais le racisme et l’homophobie étant sanctionnés par la loi dans beaucoup de pays occidentaux, on s’en prend aux dernières personnes « faibles » (dans le sens de la non-protection par la loi) : les femmes. Le sexisme n’est pas condamnable, malgré les demandes répétées de féministes.

De nombreuses personnes doutent de la puissance du patriarcat en disant que les femmes ont maintenant les mêmes droits que les hommes, que tout a changé depuis mai 68. Ce chapitre est une preuve éclatante du contraire. Si réellement, les choses avaient changé, il n’y aurait qu’une infime minorité de commentaires scandaleux.
Parmi les milliers de témoignages d’hommes et de femmes que j’ai lus depuis 10 ans, une majorité préfère les corps de femmes lisses, ce qui est légitime. Mais il y a une façon de le dire. Certains se contentent de dire que c’est plus esthétique, plus joli sans poils. Rien n’est plus subjectif que l’esthétique et elle est largement influencée par ce qui nous entoure ainsi que par les pensées de ceux qui nous entourent. Mais d’autres ne mettent pas de gants pour dire ce qu’ils pensent de la PF. Cette violence ne sort pas de nulle part. Les féministes ont montré combien les femmes ont toujours subi des violences physiques et morales.
Le patriarcat a depuis des siècles poussé les femmes à être en compétition entre elles pour qu’elles soient toujours des objets de séduction « au goût » des hommes, ces goûts variant d’une époque à l’autre. Qui dit compétition dit comparaison. Les femmes se sont donc toujours comparées entre elles en se demandant qui était la plus séduisante. Mais elles ne se rendaient pas compte qu’elles faisaient ainsi le jeu des hommes. Pendant qu’elles se jugeaient mutuellement et tentaient d’être plus « belles » que d’autres, elles ne cherchaient pas à s’instruire, à prendre le pouvoir. Aujourd’hui, la donne a changé. Les femmes sont instruites mais ont toujours aussi peu le pouvoir. Et les jugements sur le physique des autres femmes n’ont jamais été aussi violents.
Si vous avez lu tout ce qui précède, vous avez déjà eu un aperçu de la virulence de certains propos. Mais vous n’avez encore rien vu. Non seulement, des gens s’en prennent aux poils mais aussi aux femmes qui les gardent et aux hommes qui préfèrent les femmes naturelles ! Le lavage de cerveau millénaire fonctionne tellement que ces intolérants n’ont pas la moindre idée que ce n’est pas leur pensée qu’ils expriment mais celles de leurs ancêtres, traumatisés par la sexualité des femmes !

Quelqu’un posait une question sur le forum du site au feminin.com en 2006

Salut les filles. Laissez-vous vos aisselles naturelles pour le plaisir de vos mecs ?

Réponses :

je ne pensais pas qu il y avait un homme sur cette terre qui aimait ca , je trouve ca crade et pas estetique du tout , ca casse toute la feminité de la femme , moi perso pas un demi poil qui depasse

Ne me dis pas qu’il existe des mecs qui aiment « les aisselles naturelles » comme tu dis??!! En tous cas, moi je suis contre!!! Les poils, je trouve que ça fait crade. Et puis on n’est quand même plus à l’âge de pierre!!

Quelle horreur, pour les femmes comme pour les hommes, épilation obligatoire !

C’est n’est pas une question d’odeur mais uniquement une question de feminite et d’esthetique a mon gout. Chacun ses preferences, mais pour moi c’est aisselles rasees sinon rien. Desole d’etre aussi radical la-dessus.

On remarquera le côté catégorique des réponses et les mots utilisés : obligatoire, radical, aisselles rasées sinon rien, pas un demi poil qui dépasse. Ce sont des injonctions et pour avoir lu des tas d’autres remarques sur le physique, je constate que c’est seulement la PF qui provoque de telles réactions disproportionnées.

Sur son blog en 2007, pepitoja posait des questions concernant la PF. Est-ce que c’est sexy, hygiénique, est-ce que Laetitia Casta est toujours attirante en gardant ses poils et est-ce une soumission de s’épiler. Voici les réponses d’Irina.

Ne pas s’épiler s’apparente un peu à ne pas se laver et se négliger chez la femme, depuis l’antiquité, les femmes s’épilent, alors l’inverse risque de bloquer ces messieurs.
ça me choque cette mode du retour à homo-sapiens, surtout de la part d’icône.
Si avoir l’air d’un singe sale est la nouvelle mode féministe, ça promet…
Perso, je ne pense pas que l’épilation soit une torture si atroce, c’est contraignant, mais le résultat y est.

Que dire devant de telles énormités ? Une femme qui garde ses poils est donc un singe sale (les singes n’ont pas de poils aux aisselles et au pubis), elle est négligée. C’est l’exemple typique où certaines femmes sont les pires ennemies des autres femmes, pour le plus grand bonheur des machos.

Le témoignage suivant a été posté sur le forum bisexualite.info en 2008. Il montre combien l’atavisme est puissant car cette femme est consciente de la contradiction de ses propos mais n’arrive pas à passer au-dessus de la révulsion, c’est le classique double standard.

Je vois dans les poils surtout un problème d’hygiène; En tout cas, j’en suis restée à cette image donc une femme qui ne s’épile pas, j’ai vraiment du mal.
Bizzarrement pour un homme, ça ne me dérange pas puisque j’ai le discours inverse, à savoir qu’un homme qui a des poils m’attire autant voire plus qu’un homme imberbe, et je ne le trouve pas plus sale.
Donc pourquoi je pense çà?? allez savoir, moi-même je ne le sais pas mais les poils chez une femme, je trouve çà laid pour être honnête et j’ai une certaine révulsion liée au côté hygiène.

Sur le site de « Psychologies magazine », il y avait en 2007 un article sur la pilosité, qu’on pouvait commenter. Il est question pour les femmes d’arborer publiquement des aisselles poilues et on est à nouveau face au double standard.

Chantal, 55 ans, que ce passage du public à l’intime agresse. Regarder une femme avec des touffes sous les bras la dérange : « C’est comme si elle montrait son sexe. C’est indécent. Alors que ça ne me choque pas sur un homme, car il est naturellement poilu sur d’autres zones visibles.»

La belle affaire. Sur un homme, ça passe mais c’est un raisonnement fallacieux, il faut s’en tenir au fait que si les hommes ont le droit d’arborer des poils, il n’y a aucune raison que ce soit interdit aux femmes et ça n’a rien à voir avec le fait que les hommes aient des poils ailleurs. Les femmes ont le même nombre de poils que les hommes, la seule différence, c’est qu’il reste à l’état de duvet à certains endroits. En réalité, elle réagit de façon très puritaine.

Le commentaire suivant a été posté par une femme sur le forum de Psychologies Magazine en 2007. Il montre bien le mélange d’attirance et de répulsion qu’ont beaucoup de gens envers les poils.

Dans le train, ma voisine d’en face, très jolie, belle même… Elle dort et à un moment… Son bras se lève sous un rayon de soleil, découvrant son aisselle non épilée… dans laquelle glissent quelques perles de sueur. (pas king kong tout de même).
Hypnotisée, j’ai trouvé ça très beau… Moi qui m’épile même les bras… J’ai horreur des poils !

Voici un commentaire posté sur le forum du magazine Marie-Claire, en 2007

Un jour j’ai vu sur la plage, (je vis dans une region où il y a beaucoup de plages…) une femme d’une grande beauté mais qui avait une quantité de poils étonnante sur les jambes…
Deux choses ont reagi en moi, comme c’est monstreux un défaut qui gache une si grande beauté, ça c’était mon être social qui pensait…
En même temps mon être naturel pensait, dieu qu’elle est belle, elle l’était vraiment, parfaite en toutes choses et en plus elle était digne, il emanait d’elle une noblesse, cette femme s’assumait et ça la rendait grande…et encore plus belle…

Voici un commentaire trouvé sur le site de la BBC, suite au documentaire de Shazia Mirza, il montre la lutte entre ce qui vient du conditionnement et ce qui est naturel.

As an intelligent woman I am well aware that, in principle, female body hair should not be repugnant as it is very natural. However, given the social conditioning of our environment – even as a woman – it is impossible to feel neutral about being hairy, let alone feel sexy. I was living with a woman from rural China who had long black bushes under her arms and all over her legs. These were exposed during the hot summer last year and actually made me feel a bit repulsed. I truly believe that this is wrong in principle – but that deep, conditioned reaction remains a reality for most people. Myself, I’ll keep shaving – and feeling positive about myself.

Traduction : en tant que femme intelligente, je sais qu’en principe, la PF ne devrait pas être répugnante car c’est naturel. Cependant, étant donné le conditionnement social de notre environnement, même en tant que femme, il est impossible de rester neutre à propos du fait d’être poilue, sans s’occuper du fait d’être sexy. Je vivais avec une Chinoise venant de la campagne, elle avait de longs poils noirs sous les bras et partout sur les jambes. Ils étaient exposés durant l’été torride de l’an dernier et ils me faisaient sentir de la répulsion. Je crois vraiment que c’est erroné en principe, mais cette réaction conditionnée et profondément ancrée est une réalité pour la plupart des gens. Je me rase et je me sens bien.

En 2007, Mélissa, une Canadienne a posté des vidéos sur Youtube où elle montrait ses aisselles naturelles, son témoignage est dans le chapitre sur les femmes qui ne s’épilent pas. Voici un des commentaires parmi d’autres, posté sur Youtube par un homme ayant vu ses vidéos.

you are an ugly man pls shave that shit its not hot only a sick fuck would think so pls be a women

Traduction: tu es un homme moche, svp, rase cette merde ce n’est pas bandant, seulement un malade pense que c’est bien donc svp, soit une femme.

Quelle violence dans cette phrase ! Non seulement, il se permet de la juger, de l’insulter mais il lui ordonne de se raser ! Pourquoi tant de haine pour quelques poils ?

Témoignage de Mirza sur le forum onpeutlefaire en 2005

Les seules personnes que ça dérange (ou peut déranger) de voir ces poils sur moi, c’est plutôt mon entourage (au sens large, i.e. y compris les inconnus que je croise). Quand je balade en plein Aix (« string land ») avec mes poils sous les bras, quasiment toutes les nanas me jetent des regards courroucés (ce qui en rajoute à ma joie de ne pas les épiler… mais bon). Même ma mère, la denière fois qu’on mangeait ensemble: à la fin de repas je m’étire, et elle me demande de baisser les bras parce qu’on voit mes poils et que ça gêne !! (ça fait négligé vous comprenez).

Autre témoignage sur onpeutlefaire en 2006, ça rejoint un peu ce que vit ma femme

j’ai une copine qui a des jambes très poilues, si elle se met en jupe ou en short, elle est agressée par des jeunes dans les transports en commun. elle subit des insultes, des interpellations « hé! tes une fille ou un mec ».
personnellement, en exposant mes aisselles non-rasées (pilosité normale) sur une plage, j’ai entendu dire « celle-là, elle ferait mieux de se raser ».
nous ne sommes pas françaises, ni l’une ni l’autre. visiblement, nous avons échappé au formatage par lequel passent les françaises, cela choque et par conséquence notre transgression provoque des violences verbales – on punit la désobéissance.

Dans son mémoire datant de 2002, Juliette Sakoyan disait ceci

Pour Nadège 1, il ne fait aucun doute que les poils, « il faut être sans, surtout l’été. Et en général, ben les femmes doivent être sans et les hommes avec »

La femme non épilée a une position doublement extra-sociale : d’une part, elle est exclue de sa communauté de sexe précisément parce qu’elle n’adhère pas à une pratique esthétique féminine consensuelle, dont l’adage est si bien énoncée par Dominique 2 : « On est une femme, c’est pour être bien, c’est pour être belle, si on a des poils partout, c’est pas bien ça !».

D’autre part, elle est exclue de la société en son ensemble car elle met en danger plusieurs types de frontières, celle du masculin/féminin, celle du propre et du sale, et ainsi contrevient, en quelque sorte, aux normes de civilité. Une enquêtée qui avait travaillé comme caissière dans une grande surface, me confiait son dégoût quand une femme qui passait en caisse laissait voir ses poils axillaires. Il s’agissait clairement pour elle d’un manque de respect, car laisser ses aisselles velues, c’est infliger les odeurs de transpiration à son entourage. Nous songeons également à l’indignation de Kalila, 20 ans, qui, d’un air outré affirme qu’elle « ne comprend[s] pas les personnes qui les [leurs poils] gardent : ça coûte rien de s’épiler ! » Ainsi, ne pas s’épiler c’est se situer hors des normes esthétiques féminines et plus largement hors des normes de civilité.

Lorène, qui travaille comme maître nageur, voit défiler à longueur de journées des femmes poilues qui l’exècrent, d’autant plus quand elles se présentent aux vestiaires en tailleur, maquillées, et qu’elles viennent ensuite à la piscine « avec une dose de poils qui descend jusqu’au milieu des jambes et des bras ! » Deux arguments servent d’assise à l’indignation de Lorène : celui de la propreté et celui de la cohérence esthétique. Nous venons d’en esquisser les liens. Plus précisément, ici, ce qui dérange Lorène c’est d’une part que se baigner dans une piscine publique avec ses poils contrevient à l’hygiène publique et civile ; et d’autre part que négliger ses poils alors qu’on se maquille et qu’on choisit avec goût ses vêtements contrevient à la cohérence esthétique. Lorène ajoute d’ailleurs : « non mais quand même ! Un coup de rasoir, en deux minutes chrono, c’est fait. Là je pense que c’est vraiment du laisser-aller. C’est pas par manque de temps, elles ont bien le temps de se maquiller, de se coiffer, de se brocher les cheveux, et pas le temps de se mettre un coup de rasoir ! Moi c’est ça qui me.. »

Tout y passe avec Lorène (32 ans en 2002) : l’intolérance, le mépris, les jugements péremptoires, la leçon (un coup de rasoir, ça prend 2 minutes). Elle s’épile, donc toutes les femmes doivent s’épiler ? C’est quoi ce délire ? Si elle était logique deux secondes, les hommes qui viennent avec leurs poils à la piscine, ils ne sont pas un problème hygiénique ? Mais non, suis-je bête, seules les femmes sont des souillons. Avec des femmes comme Lorène, les machos ont une alliée de choix et c’est bien triste.

Dernier extrait du mémoire de JS

Le laisser-aller chez une femme revient en quelque sorte à nier son essence, car si femme et beauté sont à ce point intriquées, la femme se doit d’honorer quotidiennement cette association. Eu égard à l’épilation, on remarque que sa seule omission a force d’annulation des autres soins de beauté : « certes cette femme est bien habillée, bien maquillée, mais à quoi cela sert-il si des poils gâchent ces atours ? »

Intéressant, cette remarque. Les poils sont une espèce de repoussoir car même si une femme fait de gros efforts pour plein d’aspects de son corps, les poils visibles réduiraient tout à néant. Il y a du boulot avant de changer les mentalités. Moi, c’est l’artificiel qui me repousse, botox, silicone, collagène mais bon, je ne dois pas être « normal ».

Suite à la diffusion du documentaire de Shazia Mirza (dont j’ai parlé dans le chapitre précédent), il y a eu des réactions de Musulman-e-s en 2007 sur un forum intitulé MPACUK : Muslim Discussion Forum

– I can smell them pits from here
– how unwomanly.
– It’s about hygiene for goodness sake. Luckily, I’m not hairy but it’s disgusting for thoose who don’t remove the hair. I mean what’s the difference between you & a man ?
– i really feel sorry for her, poor woman.
– What a weirdo!
– Ewwwwwwwwwwwww, how disgusting!!! Shame on her
– the last time i saw hairyness like that on a female,she was called ‘kong’ and she was a gorilla at london zoo..
– it is sad that she feels the need to show herself off in such a manner just to try and get some attention
– what a way to humiliate yourself, all in the name of fun
– she is disgusting and very scaring I wonder who her husband is and how does he live with that
– Actually someone asked me if she was a man! Is she a man?

Traduction sommaire, elle est comme un homme, elle pue, elle est tarée, elle est comme un gorille, elle cherche seulement à attirer l’attention, elle s’humilie, elle fait peur, est-ce un homme ?
Je ne tire pas de conclusion de ces réactions, elles ne sont sans doute pas représentatives de tous les Musulmans. Mais la violence des propos indique qu’on touche à quelque chose de très particulier et qui semble évident : une femme n’a pas à avoir de poils, c’est réservé aux hommes. Et là, on rejoint l’intolérance des sociétés occidentales. Cela prouve aussi que l’injonction de la tradition épilatoire qui semble concerner hommes et femmes n’est qu’un leurre puisque plusieurs commentaires disent qu’elle fait penser à un homme en gardant ses poils.

Voici 2 commentaires postés sur doctissimo.fr, concernant les poils pubiens

– Qui aurait envie de fourrer sa langue dans une perruque ?
– on l’aura compris ton mec mange de la tarte au poils au dîner.

Ah bon ? Donc, depuis des millénaires, l’humanité pratique le sexe oral et il a fallu attendre la fin du 20ème siècle pour se rendre compte que ça pose un problème ? C’est évidemment bidon, les poils ne gênent pas du tout les rapports buccaux mais je peux comprendre que certain(e)s taillent les poils afin qu’ils soient moins longs.

Encore un témoignage affligeant de doctissimo, source inépuisable d’intolérance.

C’est affreusement degoutant et tellement pas sexy une femme poilu,que sa soie les jambes les aisailles,le bikini ou meme negliger de se faire les sourcils desoler mes sa tue completement la beauter de la femmes a mon avis.C’est un minimum de respect aussi enver l’autre.

Dans le magazine Elle de janvier 2010, il y a un article sur l’épilation pubienne intitulé Sous les jupes des filles : épilation, mode d’emploi
Extrait :

Thibault, 26 ans dit : « J’aime qu’une fille soit impeccable en permanence. Le problème ? Nombreuses sont celles qui se rasent en cas de rendez-vous impromptu, et quelques jours après çà pique! Résultat : j’ai l’impression de caresser ou d’embrasser un de mes potes mal rasés.

Et on est reparti avec le cliché « poils=virilité ». Pourtant, cet homme a dans sa génération des tas de copains qui se rasent le corps. Sont-ils féminins pour autant ? On notera le mot impeccable et en permanence. Cela veut dire que les hommes eux, peuvent se permettre de ne pas se raser/s’épiler mais les femmes, hors de question. On dirait un macho du 19e siècle.

Un autre commentaire

Vincent, 31 ans: « Et surtout, un conseil mesdemoiselles: ne parlez jamais de vos problèmes d’épilation devant un mec. On ne veut rien savoir des dessous de l’affaire

Ce qui a provoqué la réaction suivante sur le site Internet

En clair, n’emmerde pas l’homme avec ton intendance, si tu lui racontais à quel point ça fait mal et c’est relou il ne pourrait plus bander en paix. Aussi préfère-t-il penser qu’une femme naît naturellement imberbe, qu’elle ne fait pas caca, ne pète pas.

Autre commentaire suite à l’article.

Je suis un homme. J’ai vu des filles épilées, des pas épilées. Les filles pas épilées du tout sont vraiment un supplice pour moi mais s’il y a juste le triangle ou le ticket de métro qui cache le Pubis sans être la foret c’est jolie. Cela dit le Pubis sans poils est le mieux pour les préliminaires.

Le pauvre, il vit un calvaire face à une femme pas du tout épilée. L’excuse du cunnilingus revient une fois de plus, encore un qui ne supporte pas d’avoir un poil en bouche.

Ce papier dans « Elle » a provoqué des réactions en chaîne, beaucoup de gens ont été choqués de voir des pubis étalés ainsi dans un magazine qui n’est pas censé montrer des images porno (le fait de ne montrer qu’une partie du corps est de la pornographie, d’une certaine façon).
Le journal « Le Monde » a réagi aussi, deux mois plus tard en publiant un article intitulé La tyrannie de l’épilation dont voici un extrait

Stéphane Rose a mené une enquête auprès d’esthéticiennes. Selon elles, les trois quarts des adeptes de l’épilation intégrale du maillot sont âgées de 18 à 25 ans. « Elles se soumettent aux goûts des hommes, affirme le journaliste. Dans le journal pour ados, Girls, je tenais la rubrique « paroles de mecs ». Et ceux-là estimaient que le poil était sale, pas normal. » Il est fréquent que les hommes de moins de 25 ans confessent n’avoir jamais connu, intimement, de femme non épilée.

Stéphane Rose est journaliste, auteur du pamphlet « Défense du poil – Contre la dictature de l’épilation intime », sorti en octobre 2010, voir le chapitre sur la sexualité.

Parmi les commentaires, en voici un qui semble être juste l’expression d’un goût mais qui est plutôt celle d’un dégoût pour la « forêt noire »

Une femme mature épilée est carrément plus excitante qu’avec une forêt noire !

Autre témoignage qui inverse la réalité en parlant de la tyrannie du naturel alors que personne ne demande l’arrêt total de l’épilation.

Tout le monde va me tomber dessus mais j’avoue trouver du charme à ma femme délicatement rasée (mais pas totalement) et je ne me sens pourtant pas attiré par les petites filles. Ce n’est qu’une autre sorte de maquillage ou de coupe de cheveux (faut-il que tout le monde laisse pousser ses cheveux ?). Au diable la tyrannie du prétendu « naturel » . C’est un radicalisme excessif car l’être humain est loin de la pure nature, ne serait-ce qu’en s’habillant.

Extrait de la page d’accueil du site de MIEL

« Oh mon Dieu, si un enfant voyait ça ! »
On le sait, c’est l’expression consacrée qui s’échappe du gosier de tout puritain confronté à une vision de nature sexuelle. Et bien cela s’applique à la vision du poil, témoignant ainsi de sa nature sexuelle.

Le témoignage suivant à été posté sur le forum doctissimo le 5 février 2007 :

Je suis enceinte et mon ventre est assez gros. Cela rend les épilations seule quasi impossible. Comme je suis déjà maman d’une petite fille qui va avoir 4 ans et qui ne va juste pas à l’école, je ne peux pas aller chez l’esthéticienne. Heureusement, les poils ne me dérange pas, et ne dérange pas mon mari. Pour ma première grossesse, mes poils ne m’ont posé aucun problème. (nous vivions en Allemagne). Maintenant que nous vivons en france, je me suis fait engueuler par une utilisatrice dans les vestiaire d’une piscine, que cela était inadmissible dans une piscine public, qu’il y a des enfants et que son fils n’arrêter pas de me regarder. J’ai regarder après coup dans le miroir à la maison, c’est vrai que j’ai quelques poils qui dépasse du maillot, un peu sur les jambes et les aisselles, mais est-ce vraiment si gênant que ça? Surtout sur une femme enceinte ?

On remarquera que la dame se sent coupable alors qu’elle a été victime d’une véritable agression.

Encore un témoignage d’une rare violence, posté en août 2007 sur le forum doctissimo.fr, cela ressemble à un scénario SM.

Personnellement, j’ai forcé ma maîtresse à s’épiler intégralement surtout au niveau du pubis. Je trouve ça plus hygiénique quand je la lèche. Pour l’estéthique aussi ça ne gâche rien d’autant que je lui fait porter des micros strings en toute circonstance. Son mari était assez réticent au début, maintenant il est ravi ! Elle moins mais elle n’a pas eu le choix… Lors de nos sorties quotidiennes, elle est donc systématiquement seins à l’air et chatte bien lisse. Je ne la prends pas pour autant pour une enfant !! Quand je vois le minou de sa fille de 8 ans et le sien à côté, je vois une différence quand même !!!

Le commentaire suivant date de 2009 et vient du blog d’Agnès Giard dont j’ai déjà parlé, il semble au départ tolérant mais la dernière phrase est terrible.

Eternel débat. L’influence du x, les relents pédophiles, l’homophobie et j’en passe… N’a t’on pas le droit de simplement être lisse pour le plaisir d’être lisse comme l’on peut aimer les cheveux longs ou la coupe garçonne. Epilée intégralement au laser depuis 20 ans (j’en ai 45) je l’ai fais ni sur ordre de mon mari ni d’un dictat de la culture x mais simplement par choix personnel. Quant à mon mari, quel plaisir de m’occuper une fois par semaine de sa personne et d’y traquer d’un commun accord le poil « disgracieux ». Nous revendiquons le droit au corps glabre sans sous entendus etrespectons l’aisselle fournie et le pubis odorant sans y voir des relents zoophiles.

Pubis odorant, ainsi donc, le pubis pas épilé est odorant et l’épilé ne sent rien ? Je pense qu’après deux jours sans voir de savon, le pubis de cette dame dégagera une odeur autrement plus désagréable qu’un pubis naturel mais lavé tous les jours.
Et préférer le corps inaltéré, c’est être zoophile ? Comme on l’a déjà dit, les animaux n’ont pas de poils aux aisselles ni dans la zone pubienne, c’est donc un argument irrecevable mais qui montre bien l’agressivité de ceux qui prétendent laisser les gens « libres ». Elle est dans le reniement de son propre corps en parlant ainsi pour taxer de zoophiles ceux qui préfèrent les poils.

Autre commentaire d’un homme, sur la même page.

je suis désolé, mais moi les minous je les aime tout lisses, épilés comme des galets. Et ne venez pas me sortir vos éternelles raccourcis, hérités de votre éducation catho. Je ne suis pas pour le moins du monde attiré par les gamines. Nada, que dalle … J’aime juste les femmes qui nous font ce cadeau de la beauté de leur sexe, de leurs lèvres gonflées de plaisir. C’est tout simplement beaucoup plus beau qu’un vieux tas de poils. Et au fait, arrêtez de vous raser, c’est pas naturel et ça fait de vous des êtres aux pratiques déviantes.

On a droit à tous les amalgames dans ce témoignage : c’est l’éducation catho qui fait penser qu’un sexe de fillette ressemble à celui d’une femme épilée, le sexe épilé est plus beau que pas épilé, le pubis naturel ne serait qu’un vieux tas de poils, les hommes qui se rasent sont des déviants. La mauvaise foi caractérisée montre bien l’impuissance à répondre avec des arguments pondérés.

Le témoignage suivant semble de prime abord n’être que l’expression d’un goût et la femme qui parle ne prononce aucun mot intolérant.

ayant étudié l’Histoire à l’université, je sais également que l’hitoire de la beauté féminine passe par l’épilation et ce depuis des millénaires.
Niveau sensualité et plaisir, les relations bucco-génitales sont tout de même bien plus agréables quand le terrain est dégagé.
Plus agréable pour la dame car les sensations sont bien plus intenses, douces, glissantes, et d’autre part, au niveau visuel, c’est plus intéressant pour l’un comme pour l’autre. Vous le savez, l’aspect visuel participe bcp à l’excitation du mâle viril ( que je préfère nature moi aussi, voire poilu).
Enfin, c’est plus agréable pour lui, qui ne s’arrêtera pas en pleine action parce qu’un vilain poil s’est logé sur sa luette et lui donne des haut-le-cœur

Néanmoins, il indique clairement qu’avec des poils, une femme n’est pas désirable, prend moins de plaisir, etc. C’est un résumé de différentes choses exprimées plus haut. D’abord, le côté études universitaires qui formate la pensée de façon erronée quant à l’approche du corps des femmes dans le passé. Ensuite, il contient tous les clichés habituels sur la « beauté » sans poils, l’aspect visuel serait plus intéressant, le plaisir serait plus grand pour les femmes seulement, l’homme lui doit être poilu, donc « viril » et enfin, le fameux poil en bouche qui dans le cas présent, va carrément se coller à la luette, quelle imagination débordante. Je note aussi que les termes utilisés sont directifs, il ne s’agit pas de parler de ses propres goûts mais d’asséner des vérités sur la beauté et ce qui est agréable. Ce témoignage est la meilleure preuve que l’instruction n’a rien à voir avec l’intelligence.

Commentaire sur le site aufeminin.com, en 2006

Il a rien de plus beau ,de plus sensuel et de plus doux qu’une vulve sans poils .On n’est pas des animaux et c’est plus hygiénique

Témoignage du site lepoil.net

je suis pour les poils chez les hommes. Moi-même étant très poilu je trouve ça assez beau, ça donne de la virilité du point de vu esthétique et je pense que les poils ont des fonctions bien spécifiques! Certainement dans le drainage de la transpiration et bien d’autres fonctions.
En revanche c’est un peu moins esthétique chez les femmes! Je préfère regarder ou caresser une peau de femme douce et lisse plutôt qu’un amas de poil sur les jambes ou les bras voir sous les bras! Le comble de l’anti-sensualité.

Exemple flagrant de double standard : ce monsieur trouve esthétique et viril pour un homme de garder ses poils et en plus, il reconnaît qu’ils sont utiles. Mais dès qu’on parle des femmes, l’esthétique disparaît, les poils perdent leur utilité et c’est surtout anti-sensuel.

Commentaire du forum de simplicité volontaire, un peu moins méchant en apparence.

Un malin m’a demande si je pouvais jouer de la harpe avec les poils de mes bras!! bravo.

En fait, les femmes sont souvent démunies face à une telle violence et ne trouvent pas les mots ni les bons arguments à opposer. J’ai centralisé tous les arguments dans un sujet sur le forum de Miel, afin de lutter contre les clichés habituels.

Cette page suscite des réactions, c’est normal. Je reçois des commentaires positifs, voire enthousiastes mais aussi, des commentaires négatifs. Parfois, ils sont constructifs mais il arrive que cette page soit démolie. C’est le cas sur le blog de Clémentine. En temps normal, je n’accorde pas d’importance à ce qui est extrême car c’est insignifiant. Mais là, on est face à un cas d’école : absolument tout ce que j’ai écrit est déformé, interprété, transformé, comme si la personne n’avait lu qu’en diagonale. C’est son droit de ne lire que des extraits mais alors, il serait mieux de ne pas juger le travail de quelqu’un avec des mots très durs. De plus, aucun argument valide n’est énoncé, j’attends des contradicteurs qu’ils avancent des faits documentés, source à l’appui, comme je le fais presque systématiquement sur cette page.
En gros, ma page serait pleine de clichés et contradictions (mais elle n’en cite aucun), je ferais référence à des concepts n’ayant rien à voir avec la PF mais les mots sont sortis de leur contexte et elle leur prête une importance démesurée, je me placerais en position de « sauveur » face aux « victimes », qu’elle explique avec une théorie sortie de nulle part, je prendrais les lecteurs de cette page pour des crétins, je devrais la fermer (elle écrit « de quoi je me mêle » alors qu’on insulte ma femme pour ses poils et j’en parle d’emblée), je me prends pour supérieur aux autres, je suis pour une pensée unique (alors que j’explique de long en large que je suis féministe et donc, pour la diversité), je prônerais un enfermement doctrinal, je me placerais en juge car il serait question de morale (le mot n’est utilisé que dans des citations et je ne juge évidemment personne), j’évoquerais le bien et le mal (mais où ?), je voudrais établir une norme à la place d’une autre et du coup, je serais un tyran opportuniste et cette page ne serait qu’un reflet de mes convictions intimes alors qu’elle contient des dizaines de témoignages de femmes qui s’épilent ou pas. Notons au passage qu’elle refuse la notion de norme intégrée mais elle se contredit plus loin en disant que je voudrais instaurer une norme à la place d’une autre, reconnaissant ainsi implicitement l’existence de la norme poussant les femmes à s’enlever les poils du corps. Elle n’a rien compris à la notion de norme intégrée car elle pense que cela veut dire que la norme est absente. Or, la norme est omniprésente : corps glabres qui s’étalent partout, injonctions aux adolescentes, dénigrement de celles qui gardent leurs poils. La norme intégrée signifie que la plupart des femmes l’ont intériorisée en croyant que c’est leur pensée profonde, elles ne « voient » plus la pression extérieure, qu’elle soit implicite ou explicite et ne remettent jamais en question l’épilation qui devient un geste automatique comme se laver les dents.
Bigre, après avoir lu ce tableau peu flatteur de ma personne, il ne me resterait plus qu’à retirer immédiatement cette page ou alors, me tirer une balle, tellement je devrais avoir honte de ce que j’ai écrit.

JAMAIS je ne me permettrais de juger le travail de quelqu’un sans avoir essayé de comprendre ce qu’il a fait, même si les idées défendues sont opposées aux miennes. J’ai réagi sur son blog en postant un droit de réponse, c’est normal, j’étais mis en cause de façon injuste. J’ai donc rédigé une longue réponse mais en restant très poli et en ne manquant pas de respect à l’auteure. Peine perdue, ma réponse a été supprimée à deux reprises, sans explication. J’ai donc été obligé de poster ma réponse ailleurs, vous pouvez la lire sur le forum de Miel. Elle a d’ailleurs écrit le même genre de papier concernant MIEL, preuve que ce nous écrivons l’ébranle bien plus qu’elle ne le pense. Car si réellement, on n’est pas touché par un texte, on ne passe pas du temps à le démolir à coups d’arguments fallacieux.

Cette personne est en fait ce qu’elle me reproche : elle développe une pensée unique puisqu’elle refuse de laisser sur son blog des réponses qui n’abondent pas dans son sens et elle ramène tout à elle (« ma propre vision », « mon credo », « mes valeurs », etc.), se moquant pas mal de celles qui souffrent pour ne pas se faire insulter et comme elle trouve du plaisir dans la souffrance (ce qui est très parlant, ça rappelle les rituels de mortification), tout le monde devrait faire pareil. Je serais un tyran mais c’est elle le tyranneau qui ordonne que je me taise. Elle n’arrête pas de me juger en pensant que c’est moi qui juge les femmes qui s’épilent, elle débite des clichés et des contradictions tout au long de son harangue, elle fait appel à des concepts n’ayant rien à voir avec ce que j’explique, etc. C’est un phénomène de projection très courant : ce que l’on est, on le projette sur les autres.
Elle relaye fidèlement le message de l’idéologie dominante : « consommez nos produits et services superflus en croyant disposer de votre libre arbitre et dénoncez ceux qui pourraient vous détourner de notre bonne parole ». On pourrait croire qu’elle est une rebelle mais elle hurle avec les loups de l’industrie cosmétique, des médias, qui formatent les femmes en les culpabilisant pour qu’elles ressemblent à des fillettes prépubères.